La théorie des relations est l’un des thèmes les plus importants et stimulants pour qui veut interpréter Spinoza. Partant de cette considération, D'Anna trace un parcours analytique qui prend pour objet le troisième genre de connaissance, en faisant appel principalement au Court traité (dans le chapitre I), au Tractatus de intellectus emendatione (dans le chapitre II) et enfin à l’Ethique et au Traité théologico-politique. La thèse défendue revient à montrer comment l’ontologie fonde la gnoséologie. L’immédiateté ontologique de la substance (dans l’articulation des attributs et des modes) fonde l’immédiateté gnoséologique et intuitive du troisième genre. L’articulation spinozienne des trois genres implique la distinction entre la rationalité comme modalité déductive de la connaissance, d’une part, et la science intuitive comme modalité relationnelle, de l’autre. La substance est présentée, selon D’Anna comme une « complexité originaire et indivisible où la transcendance divine est préservée quant aux attributs et aux modes grâce aux différences d’ordre ontologique » (p. 13). En outre, l’imagination est conçue exclusivement comme une source d’erreur et de connaissance incertaine et changeante. Ce n’est qu’en s’élevant vers le « fondement » ontologique que l’homme accède à une connaissance sûre et stable. Ceci révèle, en outre, le noyau du projet philosophique de Spinoza : élaborer une anthropologie éthique (le salut et la béatitude) qui soit fondée ontologiquement.
Filippo Del Lucchese