Cet ouvrage réunit les deux cours sur Spinoza que Ferdinand Alquié a prononcés à la Sorbonne en 1958 et en 1959. Il reprend, à quelques corrections typographiques près, les textes tels qu’ils avaient été publiés par le Centre de Documentation Universitaire dans les années 1960 et 1970. Le titre n’est pas de l’auteur, mais souligne bien le caractère oral de son propos. Les deux cours sont constitués de neuf leçons. Le premier porte sur les thèmes de la nature et de la vérité dans la philosophie de Spinoza ; le second sur ceux de la servitude et de la liberté selon Spinoza. La première partie du livre est consacrée à l’examen du mathématisme de Spinoza hérité de Descartes, qui lui permet de ne pas s’en tenir à un naturalisme mystique, ainsi qu’aux problèmes soulevés par l’immanence divine et la doctrine des attributs qui en est le corrélat. Alquié assimile ainsi la pensée de Spinoza à « une religion de la raison ». Les trois dernières leçons de ce cours ont la conception de l’homme spinoziste pour objet et insistent sur l’impossibilité de faire l’expérience que l’Ethique décrit et appelle. Le second cours consiste dans l’examen du projet éthique de Spinoza et des modalités de l’accès à la béatitude. Ces leçons, parce qu’elles mettent au jour les difficultés, voire les contradictions de la pensée de Spinoza, manifestent l’effort de compréhension de celui qui avouait, à la fin de son dernier livre, ne pas « comprendre » l’Ethique.

Cécile Nicco