Ce volume rassemble les actes d’un colloque qui s’est déroulé en janvier 2004 à l’Université Michel de Montaigne Bordeaux III. Les textes sont presque entièrement consacrés à la question de la réception de la pensée de Spinoza en Allemagne à l’époque des Lumières et de l’Idéalisme allemand. A partir de la célèbre querelle du panthéisme, qui éclate en 1785 avec la publication des Lettres sur la doctrine de Spinoza de Jacobi, la problématique du Deus sive natura devient centrale pour comprendre la genèse et le sens de la philosophie de l’idéalisme allemand. Dans cette perspective, Philippe Büttgen met en lumière les différentes stratifications de sens qui lient la pensée de Luther, de Herder et de Lessing à celle de Spinoza sur la base de la thématique du serf arbitre. Charles Ramond s’intéresse à la lecture kantienne de Spinoza dans la Critique de la faculté de juger. Jean-Christophe Goddard analyse les rapports entre la Doctrine de la science de Fichte et l’Ethique de Spinoza, tandis que Jean-Louis Vieillard-Baron effectue une comparaison très convaincante entre la conception spinozienne et la conception hégélienne de Dieu, en soulignant par là la différence entre les notions de substance et d’esprit. Jean-Marie Vaysse dessine tous les contours de la dynamique conceptuelle unissant le système spinozien à la philosophie de la liberté de Schelling. Christophe Bouton met en rapport la pensée de Spinoza et celle de Leibniz afin de montrer leur importance pour la compréhension des principales thématiques schellingiennes. En conclusion, Franck Fischbach insiste sur le rôle joué par Spinoza dans le dispositif marxien de critique de la métaphysique.

Le volume édité par C. Bouton est un instrument de travail très précieux, réunissant des contributions importantes, en mesure de nous éclairer davantage sur la complexité de l’héritage spinozien au sein de la philosophie allemande de la fin du xviiie et du début du xixe siècles.

Saverio Ansaldi

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