Après le renouveau des études sur L. Meyer et son rapport avec Descartes et Spinoza, suscité d’abord par la publication d’une traduction française par J. Lagrée et P.-F. Moreau en 1988 puis par le livre de R. Bordoli, Ragione e scrittura tra Descartes e Spinoza, en 1997, voici la première traduction en langue anglaise du traité de Meyer qui suscita la polémique que l’on sait et auquel Jonathan Israel (curieusement absent de la bibliographie bien que son livre ait été publié en 2001) consacre un chapitre dans Radical Entlightment. L’ouvrage a bénéficié des travaux précédents et a donc pu améliorer l’élucidation des références implicites ou des citations non référencées, ce qui donne un volume bien traduit, facile à lire et un bon instrument de travail pour la recherche. Les appendices donnent, outre l’index attendu des noms, un index des citations bibliques, une présentation succincte des auteurs cités (quoique je doute que la Logica vetus et nova de Clauberg de 1656 ait « lourdement influencé » la Logique ou art de penser de 1662, dont on dit qu’elle fut rédigée par Arnauld en quelques jours et que F. Scarpa ou Scarpius ait été membre de l’école de Saumur). S’y ajoutent un glossaire des principales sectes citées dans l’Interpres, le décret des Etats de Frise contre le livre en 1667 et les propositions censurées à Leyde en 1676 (qui auraient mérité une traduction) ainsi qu’une chronologie très précise et très utile et une solide bibliographie. On regrettera cependant que le logiciel d’imprimerie ne soit pas parvenu à imprimer correctement le grec (p. 70, 123, 131). Au total cette première traduction anglaise de Meyer est tout à fait bienvenue pour mieux faire connaître en milieu anglophone le réseau des amis de Spinoza et l’originalité irréductible de ce dernier.

Jacqueline Lagrée

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