Dans cet ouvrage, l’auteur analyse la double thèse spinoziste de la nécessité de constituer une philosophie politique et de l’impossibilité d’établir une politique philosophique et rationnelle, et ce, en vue de faire apparaître son actualité. Dans cette perspective, l’affirmation par Spinoza de la nécessité d’accorder aux sujets une liberté de penser dans l’intérêt même de l’Etat doit être maniée avec précaution. En effet, l’auteur montre qu’il ne peut s’agir de la pensée philosophique, laquelle « doit se retirer de la Cité pour laisser place à la foi en des finalités imaginaires » (p. 9-10). La subordination de la liberté de penser à la paix publique impose ainsi au philosophe de garder le silence, ou tout du moins de ne pas exposer ses réflexions en public. En revanche, l’exercice de cette liberté par les autres sujets renforce l’Etat en l’assurant de son pouvoir, apparaît comme un rite religieux et révèle par là-même la dimension théologique de la démocratie.
Cécile Nicco
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