Ce volume est le fruit d’un congrès international tenu en 2005 à l’initiative du Département de philosophie de l’Université de Castilla-La-Mancha ; dans le cadre des hommages rendus par la communauté scientifique internationale à Einstein cinquante ans après sa mort, il s’agissait de débattre de la contribution apportée par Spinoza aux relations entre la philosophie et la science dans la double dimension des sciences naturelles et sociales. En cohérence avec Einstein, la visée était d’élaborer une image théorique du monde rationnel, capable de penser de manière unifiée et systématique les phénomènes qui surgissent dans les différents champs de la réalité, selon une perspective déterministe et nécessaire, d’intérêt pratique.
Le rapprochement de la Physique et de l’Histoire permet d’expliciter combien la nature ne fut jamais pour Spinoza un simple réseau de particules mais un champ de potentialités infinies s’exprimant sous une infinité de modes ; et combien la culture (la société, ses institutions et ses lois) n’est pas une émanation spirituelle transcendant le monde mais un enchaînement de causalités dans la substance selon un ordre rigoureux et nécessaire. Nature et Histoire ne sont pas les deux pôles opposés d’une alternative, ou les deux extrêmes d’un processus linéaire à parcourir par l’espèce humaine, mais une « dualité complexe, dialectique, multidimensionnelle », porteuse d’une idée renouvelée de l’homme.
Les quelque trente contributions de l’ouvrage sont présentées en cinq parties : les fondements ontologiques ; la nature ; l’homme, connaissance et action ; culture et histoire ; Spinoza et autres perspectives (Heidegger, Peirce, Davidson, Hegel). Sans doute, et c’est la loi du genre, la diversité des contributions, quelle que soit leur richesse, ne permet pas de dégager une ligne très unifiée, mais les perspectives explorées quant à la réflexion autour de la notion d’histoire s’inscrivent utilement dans les recherches actuelles.
Henri Laux
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