Les trois essais d’Adriano Vinale dans Organismo democratico constituent un rigoureux travail d’évaluation de présupposés philosophiques. Au lieu de faire une analyse des principaux textes de l’œuvre de Spinoza, ils se concentrent, entre autres, sur les concepts de vie, de passions, de pouvoir politique, de multitude, de loi, d’imperium, de droit et de contrat, pour les confronter avec la pensée de Thomas Hobbes. Adriano Vinale repère dans l’œuvre de Hobbes un des lieux fondamentaux où observer la relation entre passions (conatus) et politique. C’est là le couple conceptuel qui nous permettra de comprendre dans quel sens le pouvoir politique, à partir de la philosophie politique moderne, s’occupera de contrôle et de domination de la vie. Deux notions contemporaines orientent de façon subliminale les évaluations de l’œuvre de Hobbes : celles de biopolitique et d’état d’exception, respectivement extraites des ouvrages de Michel Foucault et de Giorgio Agamben. En soulignant l’originalité de l’ontologie politique spinozienne, l’A. montre que l’ordre politique conçu par Spinoza réalise en sa plénitude le principe de la vie et des passions qui est « la préservation de l’être dans l’existence », et qu’il est conforme à la forme démocratique du pouvoir. Un des points fondamentaux autour duquel se développe son argumentation est justement l’idée que la conception horizontale spinozienne du pouvoir et de la société va au-delà de la conception verticale de Hobbes. Le pouvoir politique ne doit pas résulter de la fiction du contrat, mais de la socialisation des affects et de la transindividualité en tant que procès d’expansion des individus dans la construction de la liberté. En ce sens il est évident que les essais de Vinale ne se limitent pas à une analyse historico-philosophique des textes classiques, mais qu’ils sont aussi une intervention dans le débat politique contemporain.

Douglas Barros

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