Cet ouvrage est issu d’un congrès international tenu en 2001 sur le gouvernement des affects, sous la direction de Eugenio Fernández, disparu en 2005 et auquel un vibrant hommage est rendu dans le prologue. Une trentaine de spécialistes de la pensée spinoziste, espagnols et européens, voire sud-américains, universitaires et chercheurs, tracent un « panorama de la vie sentimentale telle qu’elle fut pensée par Spinoza ». L’ouvrage est divisé en cinq parties. La première est consacrée à une réflexion générale sur la place des affects dans la philosophie spinoziste. La seconde examine plus en détail les conditions de la vie affective : puissance, corps et imagination. La troisième s’attache à décrire les principales figures de l’affectivité et constitue une « phénoménologie des sentiments ». La quatrième s’intéresse aux effets des affects et passions sur la vie politique et morale – lorsque le gouvernement des affects est confié à la religion ou à l’État. Enfin, une cinquième partie introduit des éléments de comparaison avec d’autres auteurs (Bruno, Descartes, Hobbes, Koerbagh, le Theophrastus redivivus ; mais aussi des contemporains comme Rorty et Foucault). On relève aussi une étude suggestive autour de la figure de Don Quichotte, par Leiser Madanes.

Il n’est pas possible de rendre compte de chacun des articles que renferme ce gros et riche volume. On en relèvera l’inspiration globale : l’affectivité n’y est pas abordée sous le seul angle des passions, mais la question de l’affectivité rationnelle fait l’objet d’une attention particulière, de la fortitude au troisième genre de connaissance.

Ariel Suhami

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