L’ouvrage se décompose en quatre grandes sections : la première est un aperçu préliminaire sur la notion même d’histoire de la philosophie (« Does history have a future ? Some reflections on Bennett and doing philosophy historically », p. 13-30, 3.3.55); la seconde examine la méthode, l’ordre et la certitude, la troisième envisage les rapports du corps et de l’esprit ainsi que les lois de la nature et la quatrième considère brièvement quelques prolongements plus généraux (« Descartes, or the cultivation of the intellect » p. 277-295, 3.1.92, « Experiment, community and the constitution of nature in the seventeenth century » p. 296-328, 3.2.55). Nombre des articles et communications contenues dans ce volume, publiés entre 1982 et 1996, sont déjà des classiques et ont fait l’objet de recensions dans le BC : ainsi, la partie 2 a déjà été entièrement recensée ou évoquée : elle se compose des articles suivants (numérotés 2 à 6) : « Descartes and method in 1637 », p. 33-51 (BC XVIII, 3.1.1) ; avec L. Cohen, « A point of order : analysis, synthesis and Descartes », p. 52-63 (BC XIII, 3.1.6.) ; « J.-B. Morin and the Second Objections », p. 64-84 (BC XXVI, 2.2.1) ; « Descartes and experiment in the Discours and Essays », p. 85-110 (traduit du français, BC XXIV, 3.1.4) ; « Descartes on Knowledge and certainty. From the Discours to the Principia », p. 111-129 (BC XXVII, 2.1.1.). Dans la troisième partie, le BC a évoqué les articles 10 à 12, à savoir « Descartes and occasionalism », p. 203-220 (BC XXIV, 3.2.1.) ; « Semel in vita : the scientific background to Descartes’ Meditations », p. 221-25 (BC XVII, 3.1.1.) ; « Forms and qualities in the Sixth Replies », p. 257-273 (traduit du français, BC XXV, 2.1.1.). Il convient certainement d’ajouter à ces recensions quelques remarques, notamment concernant les trois premiers articles de la troisième partie. « Mind, body and the laws of nature in Descartes and Leibniz » (voir BC XV, 3.2.10), p. 133-167, expose une thèse inédite quant à la question de savoir si l’âme humaine bouleverse ou non le principe de conservation du mouvement. Pour l’A., dans la mesure où les lois du mouvement dérivent de l’action de Dieu envisagée comme cause efficiente du mouvement, il est cohérent de penser que « Descartes peut excepter les corps animés des lois qui gouvernent le mouvement des corps inanimés » (p. 167). Donc, contrairement à l’interprétation « charitable » qui veut que l’âme n’agisse que sur la détermination des esprits animaux, et non sur la vitesse de leur cours, l’A. soutient, en un sens absolument positif, la violation des lois de la nature par les esprits, ces lois gouvernant seulement les systèmes purement matériels dans lesquels Dieu est seul cause du mouvement (p. 165). Cette thèse s’appuie notamment sur les lettres à More. Deux autres études traitent du problème de l’union et de la communication du mouvement : « Understanding Interaction » (p. 168-188, 3.1.93) et « How God causes motion : Descartes, divine sustenance, and occasionalism » (p. 189-220 ; voir BC XVIII, 3.1.51), en mettant cette question cartésienne en rapport avec l’occasionalisme.
Les lecteurs de Descartes’ Metaphysical Physics (Chicago, 1992, BC XXIII, 2.1.4) connaissent le talent particulier de l’A. pour associer les problématiques de physique et de philosophie première, ne réduisant le commentaire cartésien ni à une histoire descriptive des sciences, ni à des abstractions vides. Le rassemblement de ces études permet, dans la diversité des questions abordées, d’apprécier la fécondité de cette méthode.
Frédéric de Buzon