Complément indispensable de l’édition collective (mentionnée plus haut, 1.1.4), cet ouvrage écrit à son propre compte, permet à E. Lojacono de développer plus librement et à fond des hypothèses qu’il avait déjà avancées lors du colloque du C. E. C. sur La Recherche de la Vérité de juin 1998 (voir « La recherche de la vérité par la lumière naturelle : enjeux philosophiques de la datation », recensé dans le BC XXX, 3.1.3). On retrouve les arguments sur « l’honnête homme » et le scepticisme (p. 6-20), le genre littéraire du dialogue (p. 21-24), l’originalité et la puissance du doute (p. 26-44), le cogito (p. 50-59). Surtout, la très précise traduction italienne (d’abord du français, puis du latin, p. 62-107), avec une abondante et subtile annotation (p. 108-149, sans équivalent) constitue le meilleur outil de travail actuellement disponible. La discussion de la datation (toujours 1634, en accordant toute son importance à l’effet sur Descartes de la condamnation de Galilée et donc du renoncement à la publication du Monde) occupe un appendice séparé ; tandis qu’un second établit tous les parallèles possibles entre la Recherche et les autres œuvres, appuyant la datation. Voici, après l’outil de travail, l’exemple de son bon usage.
Jean-Luc Marion