La reconstruction de l’« ontologia generalis » est le leitmotiv de ce livre. Les deux premières parties se consacrent à en trouver la possibilité dans la cinquième Méditation ; la troisième étudie sa préparation, et la dernière, sa réalisation. Il s’agit d’un bon exemple de compatibilité entre une critique minutieuse des textes et une ouverture à un nouveau panorama philosophique. La reconstruction conduit à un nouveau panorama parce que l’essentiel de la philosophie cartésienne ici redécouvert est totalement nouveau pour nous qui, aujourd’hui, vivons dans la tendance généralement anti-métaphysique.
En un mot, le livre parie vigoureusement pour la renaissance de la métaphysique, et celle qui est choisie est, bien sûr, celle de Descartes, dont l’essentiel est nommé « ontologia generalis », qualification historiquement justifiée. Le projet essentiel de l’ouvrage consiste en une interprétation intégrale de la cinquième Méditation : l’auteur ne se limite pas à l’analyse logique de la preuve dite « ontologique » de l’existence de Dieu, ni à l’accusation de cercle, non plus qu’à la réfuter. C’est la totalité de la cinquième Méditation qui détermine la fonction de la preuve a priori et cette Méditation avance, tout entière, vers l’établissement de l’« ontologia generalis », où les savoirs mathématiques jouissent de la « gravité de l’être ». C’est ainsi pour justifier la « gravité » des mathématiques que Descartes a besoin de démontrer a priori l’existence de Dieu.
Takehiro Sawasaki