Dans cet article est analysée la notion hobbesienne de raison calculatrice, c’est-à-dire de la raison considérée comme capacité d'opération formelle. Hobbes définit la raison par sa fonction de méthode ou de critère d'organisation syntactique qui part de la définition univoque de la signification de ses premières notions en faisant allusion à la faculté de raisonner en tant que conséquence de l'usage du langage (Leviathan, E.W. III, p. 665). Le langage est conventionnel parce que les mots sont des signes arbitraires de nos conceptions et non pas des signes des choses mêmes (E.W. I, p. 35). Ainsi la vérité et la fausseté sont-elles devenues des attributs du langage sans aucun rapport avec la réalité des choses. Cette approche est comparée à celle de Thomas d'Aquin qui suit la tradition aristotélicienne avec laquelle Hobbes instaure une rupture totale.
Wladimir Barreto-Lisboa