Une nouveauté absolue caractérise cette importante édition italienne du Léviathan : pour la première fois, une traduction est, en effet, accompagnée de la publication simultanée du texte intégral des deux versions originales du chef-d'œuvre de Hobbes, l'anglais étant placé en regard de la traduction et le latin reproduit en bas de page. La possibilité sans précédent de confronter directement le Léviathan anglais avec la version latine étend au niveau international l'utilité de cette édition, cependant que la possibilité de comparer la traduction italienne au texte original constitue déjà un élément distinctif par rapport à toutes les versions précédentes du Léviathan publiées en Italie.
Pour sa nouvelle traduction intégrale, Raffaella Santi a choisi comme version anglaise de référence l'édition récente de Gaskin, basée comme d'habitude sur la head edition de 1651, et caractérisée par une modernisation graphique et orthographique du texte et par l'adoption de la numérotation des alinéas déjà introduite dans l'édi-tion Curley. Pour sa part, la responsable italienne a apporté une modification supplémentaire au texte anglais en transformant les marginalia en titres d'alinéa, et elle a ensuite intégré dans la traduction, entre parenthèses, les titres manquants, si bien que chaque alinéa est maintenant précédé d'un court titre numéroté, imprimé en caractères gras. Cette initiative se révèle arbitraire et particulièrement inopportune : s'il est vrai qu'elle facilite beaucoup la consultation et les références, elle brise la continuité du discours hobbesien, en lui ajoutant un élément extérieur bon pour un manuel, qui est étranger à la rédaction originale du texte. En ce qui concerne la version latine, la responsable a utilement corrigé le texte défectueux de l'édition Molesworth en adoptant comme éditions de référence celle, originale, de 1688 et sa réimpression de 1670, sans malheureusement signaler les variantes ni les corrections et en introduisant même là les numéros d'alinéa et certaines modifications de caractère graphique. En marge du texte anglais et de la traduction italienne est indiquée la numérotation de page de l'édition de 1651, à côté du texte latin de l'édition de 1668. L'appendice de l'édition latine est traduit intégralement (avec le texte latin en regard). On peut passer sur le maigre appareil de notes rédigé par la responsable, qui consiste pour l'essentiel en renvois à des passages bibliques et aux autres textes de Hobbes.
Les autres instruments offerts par cette édition monumentale sont une chrono-logie de la vie et des œuvres de Hobbes (XLI-XLIII), une bibliographie (XLV-LVI), un glossaire des définitions hobbesiennes et des principales occurrences d’une soixan-taine de termes utilisés dans le texte (1227-1241), la reproduction de l’Index thématique qui conclut l’édition latine (1243-1258), un indice des citations bibliques (1259-1268), un index des noms propres (1269-1273), un index analytique des chapitres et des alinéas (1275-1313).
Bien que notre jugement sur cette traduction ne soit que modérément positif, ce volume restera probablement pendant longtemps l’édition italienne de référence du Léviathan.
Andrea Napoli