Reprenant et développant une communication déjà publiée, l’A. cherche à explorer, d’une façon concise et précise, les racines philosophiques (Platon et Aristote) de la croyance selon laquelle l’émotion exprimée par le rire est toujours un mélange de joie et de sarcasme. Ensuite, l’A. montre l’importance de cette conception à l’aube de la pensée moderne.
Même si certains auteurs de cette époque poussaient plus loin la théorie classique de façon à y trouver une place “sociale” du rire en tant que “joie de vivre” et pas simplement comme un sentiment de dédain (Fracastoro, Castelvetro, Berretario), l’A. montre que Descartes et Hobbes demeuraient quant à eux influencés par la conception aristotélicienne. Pour Hobbes, surtout dans Léviathan, la loi de nature, qui prescrit de chercher la paix et d’obéir, impose aussi, dans ce but, que “nul par ses actions, ses paroles, sa mine, ou ses gestes, n’exprime sa haine ou son mépris d’un autre”. On a donc de bonnes raisons, si du moins on cherche la paix, de maîtriser les sentiments de vaine gloire et pusillanimité qui s’expriment dans le rire
Wladimir Barreto-Lisboa