Dans une présentation intelligente et critique, l’A. expose ses objections à l’encontre de la doctrine hobbesienne de l’égalité naturelle et des causes qui sont, selon Hobbes, à l’origine du conflit entre les hommes. Vallota examine les deux arguments allégués par Hobbes pour justifier l’idée d’une égalité naturelle entre les hommes. L’A. estime en premier lieu qu’à considérer l’égalité comme la somme de toutes les capacités que chacun détient, la dynamique et la richesse individuelles qui caractérisent la conception hobbesienne disparaissent au profit d’une abstraction dont la représentativité peut être mise en doute. En ce qui concerne le second argument de Hobbes – selon lequel l’égalité naturelle des hommes se manifeste dans la possibilité de n’importe quel homme d’en tuer un autre – Vallota s’interroge : pour quelle raison le philosophe anglais retient-il cette possibilité et ne considère-t-il pas, par exemple, que c’est la capacité de procréer qui fonde l’égalité des êtres humains ?
En résumé, l’égalité telle que Hobbes la présente ne repose pour l’A. sur aucun fondement solide. La seule possibilité de soutenir une telle conception serait selon lui de se référer davantage à ce qui devrait être plutôt qu’à ce qui est, ou encore de choi-sir la voie de la persuasion plutôt que celle de la déduction logique.
María Lukac de Stier, traduit par Delphine Thivet