L’A. examine le concept de toute-puissance divine chez Hobbes, en se référant notamment à la critique adressée par John Bramhall à Hobbes dans le cadre de leur polémique concernant la liberté et la nécessité. Selon l’évêque, la théorie hobbesienne de la toute-puissance conduit à la tyrannie de Dieu. L’A. développe les différents arguments de Bramhall: le refus de Hobbes de distinguer puissance ordonnée et puissance absolue, qui aboutit à la subordination de la volonté divine à la puissance absolue de Dieu et par suite à la nécessité ; la destruction des attributs divins de véracité, de bonté et de justice ; la critique de l’idée d’obligation de Dieu envers lui-même. Enfin, l’A. s’interroge sur la signification politique du motif de la puissance irrésistible de Dieu : la puissance absolue du souverain révèle clairement, conclut l’A., “la complémentarité des thèses politiques et théologiques de Hobbes” (p. 314).

Delphine Thivet