Les deux célèbres monographies hobbesiennes de George Croom Roberston (1886) et de Leslie Stephen (1904, publication posthume) portèrent à son achèvement un processus de redécouverte et de réhabi-litation de Hobbes qui, dans l’Angleterre du XIXe siècle, avait trouvé son expression non seulement dans la réévaluation de la pensée politique hobbesienne due aux radicaux benthamiens, mais aussi dans la reconnaissance d’une continuité théorique spécifique entre la philosophie de Hobbes et la tradition de l’associationnisme psychologique. James Mill lui-même, le promoteur de la renaissance de ce courant de pensée, avait explicitement attribué à la rélexion hobbesienne les premiers fondements des principes associationnistes, plaçant le philosophe de Malmesbury à l’ori-gine de cette lignée théorique qu’une interprétation solidement établie avait, de son côté, fait remonter à Locke et qui, à travers Hume et Hartley, aboutissait précisément à sa résurgence au xixe siècle. La relation de Hobbes avec les théories associationnistes modernes et son influence déterminante sur des auteurs comme Locke et Hume (bien que ceux-ci eussent soigneusement pris leurs distances vis-à-vis de leur prédécesseur) avaient d’ailleurs été déjà mises en lumière – comme le montre la riche et scrupuleuse reconstruction de l’A. – par certains critiques de l’associationnisme (et de Hobbes) comme Thomas Reid et Dugald Stewart, les figures principales du milieu culturel écossais dans lequel Mill avait reçu sa formation intellectuelle.

Andrea Napoli (traduit par F. Lessay)