L’A. présente l’idée de prévoyance (foresight) comme la qualité propre du souverain, nécessaire à l’accomplissement de la tâche pour laquelle il a été institué : la sécurité des sujets. C’est pourquoi il s’attache à analyser le mythe de Prométhée, en tant qu’il incarne cette vertu, principalement dans le Protagoras de Platon, puis compare la version platonicienne avec les interprétations qu’en donne Hobbes. Dans le De Cive, Hobbes fait en effet usage du mythe de Prométhée pour expliquer l’ori-gine de la démocratie ; pour lui, « Prométhée » incarne l’invention et l’ingéniosité humaines, imitées par les lois et la justice originelles propres à la monarchie. Grâce à ces imitations, les hommes purent s’assembler et former une personne civile qui s’appelle aristocratie ou démocratie. Dans le Léviathan, « Prométhée » incarne l’homme prudent : Hobbes compare la situation, caractérisée par l’anxiété, des hommes les plus prévoyants à la souffrance sans fin de ce héros mythique, à savoir la crainte de la mort.

María Lukac de Stier (traduit par D. Thivet)