L’article opère une comparaison entre « l’esprit classique » et « l’esprit moderne », autour du thème du savoir et de sa relation avec la nature. Prenant pour point de départ des textes de la philosophie antique et médiévale dans lesquels connaître et savoir pour eux-mêmes sont le propre de la science suprême, l’A. s’attache ensuite à démontrer comment avec les philosophes modernes le savoir devient pouvoir, et la finalité de la science non plus connaissance, mais domination de la nature. L’analyse se concentre sur la pensée de Thomas Hobbes, illustrant selon l’A. le « paradigme de l’esprit moderne » : elle développe la théorie de la connaissance de Hobbes ainsi que sa pensée politique. Sur ce point, l’A. s’efforce de mettre en évidence le transfert opéré par Hobbes, de la philosophie politique traditionnelle tournée vers un agir correct et juste à une science politique poïétique, désormais destinée à construire et créer sur un mode efficient.

Delphine Thivet