L’article étudie la philosophie politique de Hobbes, à partir, écrit l’A., du « factum » moderne, défini comme la perte de l’auctoritas ou de la potestas spiritualis, conçue comme le fondement de l’unité de toutes les parties, à savoir, « le factum de la perte de l’ordre de la République Chrétienne médiévale ». La théorie hobbesienne de l’état contraste résolument avec les disputes portant sur la plenitudo potestatis papale : pour l’A., Hobbes tire les dernières conséquences des successives réformes papales et protestantes, lorsqu’il transfère à l’État les attributs de l’Église ou du Royaume de Dieu. Face à l’impossible consensus autour de l’autorité spirituelle, l’A. soutient que Hobbes n’avait pas d’autre choix possible que de soutenir les revendications du souverain à l’égard des attributs propres au ministère de l’Église. Si, au bout du compte, cette analyse de la pensée de Hobbes se révèle judicieuse, on peut cependant lui reprocher de prendre pour point de départ une position radicalement contraire à celle de Hobbes : ce dernier en effet ne pouvait concevoir l’idée d’une « perte moderne » de l’auctoritas, pas plus aujourd’hui qu’au Moyen-Âge, car il limite l’auctoritas ou potestas spiritualis au Royaume de Dieu du premier peuple d’Israël ou au Royaume de Dieu à la deuxième venue du Christ.

Josep Monserrat Molas