Les éditions Kluwer Academic publient dans leur collection « Archives Internationales d’Histoire des Idées » (vol. 184), un ensemble d’articles issus d’une conférence tenue à l’Université du Piémont Oriental à Vercelli en mai 2000. Edité par Gianni Paganini, ce livre explore la pluralité des formes sous lesquelles est apparu le scepticime au cours de l’âge moderne, depuis le dix-septième siècle (avec Hobbes, Descartes, La Mothe Le Vayer), jusqu’à l’époque de Bayle, avec quelques considérations portées sur la première moitié du dix-huitième siècle, en particulier lorsque l’oeuvre de Bayle commença à avoir de l’influence.
Dans l’introduction, Paganini décrit l’historiographie du scepticisme moderne comme une recherche en cours toujours active et actuelle qui s’est tissée au cours des siècles à partir des expériences européennes les plus innovantes tant au plan scien-tifique et politique que religieux et culturel. Dans sa contribution (« For a Revised History of Scepticism », p. xxi-xxviii), Richard Popkin, prenant acte des découvertes et des nouvelles interprétations apparues depuis une vingtaine d’années, dresse la liste des desiderata pour ce qu’il appelle une histoire « révisée » du scepticisme (voir 4.6.), suggèrant quelques grandes lignes de recherche encore inexplorées, comprenant aussi bien l’influence des conceptions théologiques — telle l’idée d’omnipotence divine — que les relations entre le scepticisme savant et le scepticisme du peuple (popular scepticism) portant notamment sur les prétentions de l’Eglise et de l’Etat ; les formes diverses prises par le scepticisme « mystique » (mystical scepticism) ; et enfin les problèmes méthodologiques posés par une étude essentiellement contextuelle appartenant davantage à l’ « histoire des idées » qu’à la philosophie.
George Wright (traduit par D. Thivet)