Cet article passionnera tous ceux qui s’intéressent aux questions de langage, de logique et de sémantique dans la philosophie de Hobbes. Il vise à montrer la parenté qu’entretient la logique hobbesienne – c’est-à-dire la Computatio sive Logica (première partie du De Corpore publié en 1655) – avec la tradition médiévale terministe, et plus particulièrement avec la doctrine d’Ockham et celle de Buridan. Loin d’être évidente, notamment en raison de l’absence de référence directe dans l’œuvre du philosophe anglais aux nominalistes, cette parenté se dessine, selon l’A., à travers la théorie de la signification qui fonde la doctrine de la proposition de Hobbes.

L’originalité de l’article réside en ce qu’il essaye de montrer que, par delà les diverses formes de rupture qu’introduit la logique de Hobbes avec le modèle sémantique porphyrien à l’œuvre chez Ockham ou chez Buridan, finement analysées par l’A., la Computatio sive Logica conserve néanmoins avec la logique terministe une identité de fin : à savoir, « le discernement des différentes formes de category-mistake entre les termes de la proposition » (p. 209). Fin qualifiée, à juste titre, de « militante » par l’A., car il s’agit avant tout pour le philosophe anglais de lutter, conclut-elle, « contre toutes les formes de fausseté engendrée dans le discours par la confusion entre des noms de rang différent… » (p. 232).

Delphine Thivet