Dans cette étude, l’A. offre quelques réflexions relatives au thème, particulièrement débattu et controversé, des rapports entre géométrie, philosophie naturelle et philosophie civile chez Hobbes. L’idée hobbesienne d’une science politique inspirée du modèle de la géométrie, comme la thèse de l’autonomie de la philosophie civile à l’égard de la philosophie naturelle, selon Sergio, ne sont pas contradictoires avec la présence d’un rapport de dépendance de la politique à l’égard de la science de la nature (dans le Dialogus Physicus, Hobbes qualifie ces deux disciplines de sciences « expérimentales »). D’une part, en effet, l’application systématique du modèle mécanique détermine une continuité entre géométrie et science naturelle qui, par certains aspects, reflète la relation logique et épistémologique entre cette dernière et la politique, relation compatible avec l’autonomie de la philosophia civilis (motivée, en outre, par des nécessités didactiques). D’autre part, l’assimilation hobbesienne entre la géométrie et la politique ne se résoud pas en une relation de caractère biunivoque, et il demeure, entre ces deux domaines, une asymétrie décisive, perçue par Hobbes (la politique requiert un surcroît de normativité par rapport à la géométrie). La limite de l’analogie entre géométrie et politique, ajoute l’A., transparaît même dans la persistance de la métaphore organique à l’intérieur de la métaphore mécanique de l’Etat : un élément de continuité, bien que purement formelle, avec le modèle théologico-politique médiéval de légitimation de la souveraineté.
Andrea Napoli (traduit par F. Lessay)