Emilio Sergio poursuit la série de ses enquêtes ciblées sur Hobbes avec cette brève étude consacrée à la réception hobbesienne de la pensée de l’écrivain grec Lucien de Samosate. Il montre comment, chez Hobbes, la connaissance précoce de Lucien (qui est – c’est nous qui le signalons – cité deux fois avec sympathie dans l’introduction à la traduction de Thucydide) avait pu être à nouveau stimulée par les rapports avec des intellectuels comme Jasper Mayne (chapelain privé des Cavendish de Newcastle, traducteur anglais des dialogues de Lucien et très proche des idées de Hobbes du point de vue de l’anti-sectarisme et de l’anti-prophétisme) ou, plus tard, François du Verdus (célèbre expert des œuvres de l’auteur grec). L’A. passe rapidement en revue les principales citations de Lucien présentes dans les écrits du philosophe anglais (en particulier celles relatives à l’hérésie et au dissentiment doctrinal) et replace cet examen dans le contexte de l’inspiration sceptico-pyrrhonnienne que certains interprètes présentent comme une composante constitutive de la pensée hobbesienne et qui s’exprime en liaison étroite avec la critique du sectarisme et du fanatisme religieux, combattus avec force par Hobbes en tant que causes dangereuses de conflit social et de désagrégation politique.
Andrea Napoli (traduit par F. Lessay)