Ce petit livre introduit intelligemment en trois parties à la philosophie de Hegel. La première et la troisième situent l’activité philosophique de Hegel dans sa biographie.

Un aperçu de la problématique philosophique de Hegel est donné par la deuxième partie. Hegel cherche des solutions aux problèmes idéalistes de la détermination et de la clarification des limites de la raison dans et par elle-même.

Dans la recherche de cette raison comme absolu, l’opposition de la logique et de la métaphysique disparaît. La Phénoménologie montre pourquoi la dite opposition disparaît et elle donne la possibilité de reconstruire le programme spéculatif à partir de sa base kantienne. La raison se trouve comme le résultat de sa propre recherche critique ou sceptique ; elle se connaît comme résultat correspondant à l’acte même de toute forme de savoir sceptique, qui dispose de l’histoire de contenus pensables.

La Science de la Logique est la première discipline nouvelle, où à partir de la disparition de la logique et de la métaphysique est produite la logique « spéculative » ou la métaphysique « authentique ». L’objet en est la pensée elle-même, qui n’est pas sans pensée pensante finie, ou l’immanence de toute pensée, formée par les pensées pures nécessaires, qui dans toute métaphysique étaient représentées comme des étants ontologiques ou choses en soi.

Provisoirement, la pensée définit les pensées nécessaires comme concepts de l’absolu, desquels elle propose des définitions, mais envers lesquels les sceptiques donnent des arguments. Ces arguments ne sont pas réfutés dans la logique, mais pris au sérieux. Avec la définition première ils sont pris ensemble afin d’obtenir un résultat, qui est autre que le vide sceptique. Si les définitions possibles ne peuvent plus être procurées sans concepts, la pensée (de l’) « absolu » change en concept, qui se place comme successeur de l’absolu, mais qui n’a plus de problèmes d’instanciation. La pensée comme concept est alors le successeur de l’absolu.

La méthode conceptuelle se montre comme résultat véritable et fin atteinte de la détermination spéculative, si ni l’équipollence, ni la réfutation de l’instanciation ne sont plus valables. Le concept de l’idée absolue contient en soi aussi bien le connaître que l’actualité. L’actualité est située au moins dans cet aspect que nous nous comprenons comme l’existence de la pensée immanente, qui est le rationnel en et pour soi ou la pensée pensante en notre pensée.

Les philosophies de la nature et de l’esprit remplacent la cosmologie antérieure. La philosophie de la nature exige une disposition spécifique, afin de comprendre que le savoir conceptuel de la nature est une forme de conscience de soi qui libère l’aliénation éventuelle de la nature. Le concept de la nature indique l’idée de la vie bien que les phénomènes s’exposent en une indifférence et contingence vis-à vis des autres, la structuration conceptuelle de la nature montre une systématisation et une concrétisation de la vie, réalisée à partir de données procurées par les sciences, corrigées de manière conceptuelle.

La philosophie de l’esprit demande également une disposition correcte, qui oblige de se savoir. Avec cette notion la raison s’est retrouvée, mais sous forme de problème : l’esprit est-il la détermination suprême et définitive ? L’esprit est liberté, un pouvoir, une manifestation et une révélation, qui doit se comprendre philosophiquement. Pas le fait, qu’il y a un ou plusieurs esprits, n’est connu alors, mais le contenu de la notion « esprit » et ce que celle-ci singularise.

L’esprit subjectif montre que la distinction entre l’animal et l’ homme ne se trouve pas entre nature et esprit, mais se pose « dans » la doctrine de l’esprit subjectif, en tant que l’homme se pose comme devoir la sursomption de la nature. La psychologie montre que l’unité affirmative du penser et du vouloir ne se donne une actualité qu’en sa liberté : elle libère l’esprit pour sa propre liberté.

Cette liberté se formant un monde commun, est le droit. Cette conception du droit met fin à l’opposition entre droit naturel et science politique. Pour en finir, Hegel pose droit abstrait, moralité et éthicité comme formes du droit philosophique. Mais comment est-il pensable que l’histoire n’est pas une menace, mais une promotion du droit libérateur ? La conception philosophique de l’histoire ne donne pas d’explication téléologiquement nécessaire ; selon cette lecture a-métaphysique, l’esprit se réconcilie avec le négatif et la douleur, sans que pour cette raison ce négatif soit un bien.

La doctrine de l’esprit absolu, qui considère le savoir de l’esprit comme actualité, est entièrement neuve. Cette discipline de l’Encyclopédie est exposée en moments qui sont formes de praxis sachant : l’art, la religion manifeste et la philosophie. Hegel n’y professe pas de spinozisme spiritualiste, mais la connaissance de la raison existante, considérée en elle-même.

Cette synthèse sans prétention est vraiment une révolution dans les études hégéliennes : par sa reformulation méthodique des pensées philosophiques hégéliennes, elle oblige toute recherche à se renouveler complètement.

Lu de Vos