L’ouvrage étudie le traitement hégélien du langage, au double sens où ce dernier est un thème à part entière de la philosophie hégélienne et où le régime référentiel du signe ressortissant à la sphère de la représentation, le discours hégélien doit lui-même être un discours insigne. Que le langage ne soit pas l’impensé du hégélianisme, l’auteur entend le montrer en deux temps. Le premier, négatif, restitue la « sémiologie cachée » qui supporte le criticisme et le condamne à un formalisme qui anime également les projets de caractéristique universelle ou de réduction du penser au calcul. Le second, positif, évoque le procès dialectique qui doit emporter le signe au-delà de lui-même, à travers quelques formes de discours apparaissant dans la Phénoménologie et quelques régimes linguistiques particuliers, avant de traiter de l’enracinement psychologique du signe. La troisième partie considère la signification au-delà du signe que déploient l’auto-interprétation de l’esprit (« herméneutique spéculative ») et un discours hégélien qui retrouve une langue naturelle dont l’immédiateté est alors médiatisée. [A. G.]

Antoine Grandjean