Ce livre consiste principalement en un commentaire linéaire de la Préface de 1807. Son ambition semble avant tout pédagogique, l’auteur considérant que face à un texte aussi difficile « il y a déjà un certain engagement dans le fait de présenter ce que l’on pense être le sens essentiel de telle phrase ou de tel passage et une certaine dimension de paraphrase et de rhétorique peut donc être légitimement assumée ». Mais A. Simhon n’a pas seulement pour ambition de rédiger un guide de lecture. Il s’efforce également de rendre compte des grands problèmes de traduction posés par le texte hégélien, il tente de formuler les principaux problèmes d’interprétation et d’écarter les fausses solutions et, dans huit Excursi, il propose l’approfondissement de questions jugées centrales (« Hegel critique de Jacobi et Schleiermacher », « Schelling et la question du fini », « La notion de sujet », « La critique hégélienne de Spinoza », « La simplicité de l’absolu selon Thomas d’Aquin et Hegel », « Hegel et la dialectique platonicienne », « L’auto-connaissance de Dieu par la méditation de l’homme », « Le mal »). L’ouvrage se conclut sur une analyse du début des Recherches philosophiques sur l’essence de la liberté humaine de Schelling. Dans cet ouvrage de synthèse, la plupart des interprètes francophones de Hegel des vingt dernières années sont convoqués, mais la littérature secondaire en langue étrangère est curieusement absente.
Emmanuel Renault