Le livre de S. Fuselli s’attache de manière remarquable à réévaluer la théorie du syllogisme. Le premier chapitre retrace la conception du syllogisme depuis les premiers fragments de 1801/02 jusqu’à la Phénoménologie de l’esprit et montre comment ce dernier, visant l’unité du fini et de l’infini échoue pourtant dans les écrits d’Iéna a exprimer adéquatement l’unité rationnelle et demeure de fait un produit de l’entendement (dépassé par la proportion). Après une intéressante analyse de l’influence du Timée de Platon sur la conception hégélienne du moyen-terme du syllogisme, l’auteur montre que la conscience dans la Phénoménologie de l’esprit est un exemple de l’auto-mouvement du moyen-terme de telle sorte que tout l’ouvrage peut-être compris comme un procès syllogistique. Le second chapitre est consacré à une analyse détaillée de la table du syllogisme et de la structure du chapitre consacré au syllogisme dans la grande et dans la petite logique ; l’auteur y montre également les acquis de la période de Nüremberg. Le troisième chapitre vise à montrer que le procès syllogistique constitue une véritable rationalité du fini (on notera la remarquable analyse du syllogisme disjonctif comme sursomption de la forme syllogistique) et se conclut par la véritable nouveauté du livre qui consiste à interroger les formes du syllogisme par-delà les syllogismes du concept subjectif. C’est à cette tâche que s’attache le dernier chapitre en étudiant particulièrement l’idée de vie et l’idée du connaître et en éclairant les trois syllogismes finaux de l’Encyclopédie.

David Wittmann