Cet ouvrage collectif consacré au rapport entretenu par Hegel avec les « sciences de la vie » se fait remarquer par la clarté de ses synthèses, notamment dans la présentation de l’arrière-plan chimique, biologique, médical et psychologique des travaux hégéliens. Dans la mesure où les positions que discute – ou présuppose – Hegel sont souvent proches les unes des autres et partant difficiles à distinguer, on se réjouit de trouver des aperçus à la fois nets et nuancés de l’éventail de ces positions. S’agissant de l’exégèse proprement hégélienne, on regrettera cependant la prudence de quelques contributeurs, qui se contentent parfois de résumer le discours hégélien sans lui poser de questions ni risquer d’interprétation distanciée. Certains articles s’efforcent de faire de Hegel l’annonciateur de théories scientifiques contemporaines (comme de l’analyse cladistique en classification phylogénétique). On peut se demander si l’entreprise qui consiste à faire de notre présent intellectuel le critère de la pertinence du hégélianisme est elle-même véritablement pertinente. En revanche, les articles qui inscrivent la critique hégélienne du transformisme au sein de la problématique philosophique de l’évolution sont tout à fait précieux.
Gilles Marmasse