Il s’agit ici du second témoignage relatif à la leçon de 1819/20 sur la philosophie de la nature, car Manfred Gies a publié en 1981 chez Bibliopolis (Naples) le manuscrit du philologue Gottfried Bernhardy correspondant à la même leçon et retrouvé à la bibliothèque universitaire de Halle. Le présent manuscrit et celui du même auditeur portant sur la philosophie du droit (également publié chez Meiner, cette fois-ci en 2000) ont été récemment découverts dans une bibliothèque privée du canton de Bâle. En comparaison du texte de Bernhardy, celui de Ringier apparaît comme d’un style moins policé mais également comme plus détaillé. Il se confirme que l’organisation de la philosophie de la nature de Heidelberg est déjà abandonnée en 1819 puisque le manuscrit Ringier substitue, comme première section de la philosophie de la nature, la mécanique à la mathématique. Cette Nachschrift se fait également remarquer par le volume peu commun de l’analyse de l’espace et du temps. Si, au dire de C. L. Michelet, Hegel a entièrement réécrit l’introduction de la philosophie de la nature pour la leçon de 1823/24, il faut reconnaître que la plupart des thèmes de celle-ci apparaissent déjà en 1819/20. L’introduction insiste notamment sur la scission de la nature et de l’esprit, une scission que la philosophie de la nature a pour tâche spécifique de supprimer. À ce titre, le texte contribue utilement à la compréhension du projet encyclopédique.

Gilles Marmasse