La traduction de ces quatre textes de Hegel datant de la période berlinoise (Préface à la philosophie de la religion de H. F. Hinrichs ; À propos d’une diffamation publique de la religion catholique ; Aphorismes sur le non-savoir et le savoir absolu en rapport avec la connaissance de la foi chrétienne : recension d’un livre de K. F. Göschel ; De la doctrine hégélienne ou savoir absolu et panthéisme moderne et De la philosophie en général et de l’Encyclopédie des sciences philosophiques de Hegel en particulier : recension en trois articles) constitue un précieux apport aux études hégéliennes. La philosophie de la religion s’y trouve éclairée non seulement dans ses rapports polémiques avec les contemporains de Hegel (Jacobi, Schelling, Schleiermacher), mais aussi dans sa relation tortueuse avec les institutions religieuses et politiques de l’époque. Dans son avant-propos, J.-L. Georget reconstitue avec minutie et érudition ce dernier point, tandis que Ph. Grosos s’attache en guise d’introduction à reconstituer le rapport polémique de Hegel à Schleiermacher sur la question du sentiment religieux. Si la contextualisation historique et philosophique du propos de Hegel permet une compréhension plus nuancée de son point de vue sur le christianisme, du moins pourra-t-on s’étonner de l’absence de toute référence aux Leçons sur la philosophie de la religion dans l’appareil critique, texte pourtant incontournable pour approfondir le débat. Cela n’enlève toutefois rien au mérite des traducteurs, qui rendent accessible au lecteur français des documents essentiels pour approfondir l’interprétation de la théorie hégélienne de la religion.

Olivier Tinland