L’ouvrage se propose d’introduire à la lecture de Hegel d’un double point de vue thématique et génétique. Le premier insiste sur la prégnance du modèle de la vie pour l’activité philosophique : le concept est vie, car il est vérité de tout ce qui est déjà originairement vie. Le second consiste en une réinterprétation du rapport de Hegel aux philosophies de l’identité au regard d’une intuition commune avec Hölderlin : l’identité suppose un « Ur-teil » de l’être comme vie, que le second pose néanmoins seulement dans une scission de l’acte et du sujet qui en est toujours exilé, et que le premier seul pose comme un acte de production de soi du Sujet s’auto-différenciant. Le problème alors posé est celui de la place du sujet philosophant relativement au vrai, que l’auteur tente de résoudre en faisant de la conscience du sujet fini le moment d’une « conscience ontologique » dont le processus se révèle incarnation. Depuis la figure christique sur laquelle l’auteur conclut son analyse de la Phénoménologie hégélienne, l’introduction aux thèmes de la Logique se fait au moyen du passage d’une analyse du moment sceptique à celle de la méthode dialectique qui seule permet de dégager en quoi l’infini « est simultanément et paradoxalement immanence de l’au-delà et transcendance de l’ici-bas », et le sujet acte réflexif. Le thème de la vie se fait ici unité extérieure de moments philosophiques nivelés dans leurs différences, alors même que les différentes positions du schème de la vie autoriseraient un questionnement génétique de l’œuvre : l’unité indifférenciée qui en résulte offrira au lecteur de Hegel une présentation de thèses hégéliennes rassemblées thématiquement, plus que selon leur logique interne.
Laurent Mérigonde