Il s’agit là de la publication de la thèse de doctorat de l’auteur. Celui-ci s’attache, en une première partie, à reconstituer « le problème de la fondation dans les métaphysiques de la subjectivité » : entendons, après la tentative inaboutie de Kant (ch. I), puis celles de Reinhold et de Fichte (ch. II), celle enfin de Schelling et de ce qu’elle apporte au Hegel du début de la période d’Iéna (ch. III). La seconde Partie consi-dère la fondation hégélienne de l’idéalisme absolu » proprement dite, d’abord dans son mouvement d’autonomisation vis-à-vis de Schelling à Iéna après l’écrit « Sur la différence… » et dans la maturation d’une logique dialectique distincte de la logique d’entendement (ch. IV) ; ensuite dans son souci de fonder l’introduction phénoménologique de la conscience naturelle dans le savoir (ch. V) ; enfin dans son travail de fondation des différentes sciences de la nature et de l’esprit sur l’Idée logique dans le système encyclopédique (ch. VI). En « Conclusion », l’auteur confronte (p. 485-515) la pensée hégélienne et la pensée heideggérienne relative au fondement et à l’essence de la manifestation de l’existant : il y fait valoir le caractère réducteur de la lecture heideggérienne de Hegel en termes d’étantisation de Dieu (Dieu = être d’une logique dite « objective »), puisque, rappelle-t-il avec grande pertinence, c’est seulement l’ultime développement de l’Etre en l’Idée subjective-objective ou absolue, qui le détermine en fondement de l’existence finie (« correspondant » à la représentation religieuse de la « création ») et non l’être en tant qu’être comme tel, comme le voudrait Heidegger. Ce travail, reposant sur une minutieuse lecture des textes majeurs de l’idéalisme allemand relatifs à la question essentielle du fondement, dispense une grande clarté explicative, de sorte qu’il rendra à coup sûr de très utiles services tant aux étudiants qu’aux chercheurs spécialisés.

André Stanguennec (Université de Nantes)