L’ouvrage rassemble seize articles portant sur les différents aspects et les différents apports des Principes de la philosophie du droit. L’idée est, en quelque sorte, de contourner les anciennes tentatives d’évaluation globale de la philosophie politique du Hegel de la maturité, au profit d’analyses plus différenciées, capables à la fois de mesurer la productivité de ses interventions, dans les multiples domaines qu’elle touche, et sa cohérence d’ensemble à l’intérieur du système encyclopédique.

D’un côté, l’enracinement philosophique de la pensée politique de Hegel est soigneusement mis en valeur par des essais de portée générale dédiés, par exemple, à la conception hégélienne des rapports entre pensée et connaissance du présent historique, à la dialectique individu/institution et à l’analyse de l’action en général. D’un autre côté, la plupart des textes qui composent ce volume correspondent chacun à une étape du développement hégélien lui-même, depuis les considérations générales de la « Préface » et des premiers paragraphes introductifs, jusqu’à la théorie de la Constitution et la petite philosophie de l’histoire. Si l’analyse de la société civile et celle de l’État, qui constituent les moments les mieux connus des Principes, ne sont pas oubliées (on note ainsi un texte sur l’intégration hégélienne des concepts de l’économie politique classique et un autre sur les fonction du Parlement), un des apports du livre est de redonner sa vraie place à l’ensemble des sphères logiquement antérieures à la société civile. On trouve ainsi des études novatrices sur la théorie de la propriété, sur le droit pénal ainsi que sur la conception de la responsabilité et de la faute. La section consacrée à la famille bénéficie également d’un traitement approfondi, avec une série d’essais sur la nature du mariage selon Hegel, sur la place de l’amour et sur le lien entre famille et patrimoine. En multipliant de cette façon les prises sur le texte, les auteurs de ce volume rendent praticable une lecture à la fois précise, sobre et exhaustive de la pensée hégélienne du droit.

Stéphane Haber (Université de Besançon)