Le livre de H.-G. Bensch tente de fournir une interprétation détaillée des trois premiers chapitres de la Phénoménologie de l’esprit et se divise en deux parties, la première exposant les présuppositions systématiques et historiques de cet ouvrage, la seconde procédant à la lecture de la certitude sensible, de la perception et de force et entendement. La première partie discute essentiellement les notions de savoir immédiat et de commencement absolu. L’auteur insiste beaucoup sur la nécessité de ne pas confondre savoir immédiat et certitude sensible et replace le savoir immédiat dans le cadre des discussions autour de la philosophie de Jacobi et de la preuve ontologique de l’existence de Dieu; ensuite les notions de jugement infini chez Kant et Fichte, le Système de l’Idéalisme transcendantal de Schelling, la critique hégélienne de l’assertion selon laquelle « on ne sait que le vrai » permettent à l’auteur de mettre en place le cadre historique dans lequel se situe le projet d’une Phénoménologie de l’esprit. La section conscience est pour l’auteur une « méta-critique de la théorie de la connaissance », qui empêche de penser que la philosophie hégélienne constitue une « rechute dans l’ontologie précritique » (p. 22). La seconde partie de l’ouvrage ne présente pas d’innovations marquantes même si la lecture proposée contient des passages intéressants. On peut en particulier regretter que l’auteur n’ait pas jugé bon de confronter ses affirmations à celles fournies par exemple par U. Claesges, cela lui aurait sans doute permis d’analyser de manière plus approfondie le fonctionnement dialectique de ces chapitres.

David Wittmann, Université de Tours

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