Le volume entreprend l’étude systématique de la présence de la pensée de Spinoza dans l’œuvre hégélienne. Le but de la recherche n’est pas de confronter les deux perspectives philosophiques mais plutôt de définir la position hégélienne au moyen d’un rapprochement systématique avec le concept spinoziste de substance. Dans ce travail, Francesca Michelini ne se réfère pas seulement à la Science de la Logique, mais aussi à l’œuvre hégélienne tout entière, des écrits d’Iéna jusqu’à la dernière édition de la Doctrine de l’Être. À l’aide d’une analyse soigneuse des textes hégéliens, la recherche cherche à comprendre dans quelle mesure l’examen du concept de substance est présent dès le début de la Doctrine de l’Être. La critique de Hegel procède de l’argument suivant: si le concept spinoziste de substance permet la déconstruction de l’absoluité du fini, néanmoins ce même procédé rend le fini inessentiel. Du même coup, l’auteur montre que le dévoilement (Enthüllung) de la substance dans le concept est obtenu grâce aux changements d’acception qui s’opèrent durant tout le parcours logique. Enfin, le dévoilement, qui se réalise en tant que structure de la réflexion-en-soi, est présent dans l’exposé logique en tant que structure spéculative de toutes les déterminations de la pensée. Il n’existe donc pas, selon Francesca Michelini, de point déterminé sur lequel Hegel critique Spinoza; il faut plutôt dire que la Science de la Logique est elle-même une réfutation (Widerlegung) de la philosophie de Spinoza (p. 107). Il s’agit donc d’un réexamen du noyau spéculatif du point de vue spinoziste grâce à une élévation (höher heben) de la tension vers l’exposé de la vérité, la vérité qui est contenue dans son noyau même (WdL III, p. 15).
Paolo Livieri, Université de Padoue
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