La thèse de l’auteur s’appuie sur une interprétation de la doctrine du concept, qui considère cette partie de la logique comme une exposition critique de la philosophie transcendantale kantienne visant à mettre en place le concept d’une pensée libre pouvant devenir pratique. La première partie du livre est consacrée au « programme » de la logique du concept. L’auteur va montrer en quoi le concept hégélien peut être compris comme le successeur fonctionnel de l’unité synthétique de l’aperception kantienne. De la même manière, Hegel procède à une reprise critique de la notion d’objet présente dans la déduction transcendantale: pour lui également, tout objet de connaissance est le produit d’une opération synthétique. M. Wildenauer poursuit en montrant selon quelles modalités Hegel peut adhérer à la thèse kantienne affirmant que des concepts sans intuitions sont vides: il faut que les formes de l’intuition soient comprises comme le produit d’une détermination de la sensibilité par l’imagination transcendantale et que les intuitions soient saisies comme des représentations singulières. La seconde partie est consacrée à la théorie de l’idée logique et plus spécifiquement à l’idée de vie. L’auteur procède à une interprétation du § 213 de l’Encyclopédie et met en valeur la notion de Selbstdarstellung qui porte la théorie hégélienne de l’idée puisqu’en elle le concept se présente dans la forme d’un être-là extérieur. La logique développe différents types d’immédiateté qui figurent un contenu immédiatement donné, il s’agit des formes d’un « être-là extérieur », qui sont les prototypes logiques de l’espace et du temps en tant que formes de l’intuition; elles exercent la fonction épistémique d’opérateurs d’individuation. La seconde partie du chapitre est consacrée à l’exégèse du rôle de l’idée de vie et à l’impossibilité, pour la raison observante, de comprendre le vivant en tant que tel. Les deux derniers chapitres de l’ouvrage sont consacrés respectivement à l’idée du connaître et à son rôle épistémologique dans la théorie de l’esprit fini (subjectif et objectif). L’idée du vrai et l’Idée du bien mettent en scène des points de vue épistémiques du connaître fini qui, eu égard à leur dualité et au mythe du donné sur lequel ils reposent, ne parviennent pas à incarner la liberté de la pensée et du concept. Enfin le dernier chapitre nous montre comment la méthode du connaître philosophique permet de reprendre les résultats du connaître fini en surmontant tout mythe du donné et en atteignant ainsi la liberté de la pensée. C’est l’exercice de l’attitude épistémique présentée dans l’idée absolue qui nous permet, dans l’esprit subjectif et objectif, de comprendre comment nous pouvons atteindre et dépasser le point de vue du connaître fini.

David Wittmann, Université de Tours

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