Les trois syllogismes qui forment la conclusion de l’Encyclopédie de 1830 constituent le thème de ce travail, et la construction argumentative a pour but de s’installer dans la « perspective centrale » (p. 185) du texte, de manière à appréhender ses trois membres – la logique, la nature et l’esprit – dans leur connexion logique. L’auteur prétend proposer une nouvelle interprétation de ces syllogismes. Il part du fait qu’ils se fondent eux-mêmes, et ceci à partir d’une perspective métaphysique relative au système dans son entier. Dès lors, il interprète métaphysiquement les syllogismes à l’aide d’arguments fonctionnels et ressortissant à l’analyse structurale. Une importance particulière est reconnue au concept de confirmation (Bewährung), qui permet de saisir le rapport de la logique et de la philosophie du réel. Cette liaison est importante dans la pensée hégélienne puisque la logique ne constitue pas le tout du système « car elle n’est effective que comme esprit » (p. 27). L’Idée absolue, à la fin de la Science de la logique, ne peut se confirmer dans la réalité que lorsque nous avons affaire à un rapport à soi ou à une « auto-confirmation » (p. 40). Ce point conduit à la détermination du rapport de l’Idée absolue et de l’esprit absolu. Il s’agit ici d’un « rapport d’identité » (p. 85). L’esprit absolu correspond à l’Idée absolue: il est sa réalisation. « C’est seulement lorsque l’Idée absolue se connaît comme effectivement connue et légitime qu’elle est absolument rationnelle. Le logique doit se démontrer comme confirmé dans la réalité. […] C’est pour cela qu’il a besoin des trois syllogismes. » (p. 183). Une analyse détaillée de ceux-ci, dans leur structure et leur contenu, permet une appréciation du terme final du système tel qu’il est présenté dans l’Encyclopédie. On a par là une confirmation « realphilosophique » des structures logiques, dans la réalité de la nature et de l’esprit. Pour le reste, l’auteur met en évidence une théorie « qui s’est révélée à ce point identique à sa propre méta-théorie qu’elle a rassemblé tous les domaines, sans les rendre abstraitement identiques les uns aux autres » (p. 253). L’auteur propose une introduction à la pensée hégélienne de la logique et du système d’un haut niveau d’argumentation et d’élaboration intellectuelle, grâce à laquelle, en particulier, le lecteur est sensibilisé à la problématique décisive du rapport de la logique et de la Realphilosophie. Une fois que l’on s’est pénétré de la méthode et de l’argumentation de l’ouvrage, il y a beaucoup à y apprendre sur la philosophie de Hegel et, de manière plus générale, sur les possibilités qu’offrent la pensée et les manières de penser.

Annette Sell, Université de Bochum, Hegel-Archiv (trad. G.M.)

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