Le livre de Walter Jaeschke vise à fournir une vision d’ensemble de l’œuvre hégélienne qui permette à tout lecteur, novice ou spécialiste, de comprendre cette philosophie dans son évolution et dans la richesse de ses développements. Et il faut dire que le livre est à la hauteur de ses ambitions et constitue sans aucun doute la meilleure exposition de l’ensemble des matériaux de la philosophie hégélienne qui soit disponible à l’heure actuelle. L’ouvrage se divise en trois parties, la première fournit les informations essentielles sur les différentes périodes de la vie de Hegel, la seconde étudie les différentes périodes de son activité philosophique en prenant en compte, au sein de chacune de ces périodes, l’ensemble des textes qui sont à notre disposition, la dernière enfin dessine les contours de l’école hégélienne et les différentes querelles entourant la première réception de l’œuvre du maître. Le livre est rédigé sous forme d’articles, qui comportent chacun une bibliographie propre, fournissant ainsi au lecteur une précieuse orientation dans la jungle des commentaires hégéliens. La partie centrale de l’ouvrage permet de s’informer sur absolument tous les textes hégéliens: le lecteur pourra par exemple trouver l’analyse du contenu du manuscrit sur la psychologie et la philosophie transcendantale de 1795 ainsi que des difficultés relatives à son origine, il trouvera une analyse détaillée de tous les fragments de leçon d’Iéna ainsi qu’une esquisse de l’évolution des esquisses de système. Aucune des évolutions de la philosophie spéculative n’est laissée dans l’ombre. Les grandes œuvres ne sont pas pour autant négligées, il suffira de lire les pages denses et incisives, dans lesquelles l’auteur analyse le sens de la logique hégélienne, dans ses rapports complexes avec la philosophie transcendantale kantienne (p. 222 sq.), pour en être convaincu. Mais la partie la plus impressionnante de l’ouvrage est sans doute la section 9 consacrée aux leçons hégéliennes qui sont toutes détaillées quant à leur transmission, leur contenu et leur signification; c’est que, pour Walter Jaeschke, les leçons sont l’élément dominant de la forme de l’œuvre hégélienne (section 9.0). Cette section donne lieu à des mises au point remarquables, que ce soit sur les rapports complexes entre l’esprit et l’histoire (9.6.2) ou sur la « fin de la religion » (9.8.7). C’est donc un ouvrage remarquable et destiné en tous points à devenir un classique que nous offre Walter Jaeschke.
David Wittmann, Université de Tours
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