Cet ouvrage constitue la première partie, consacrée au volet historique, d’une recherche plus étendue sur la confrontation entre le scepticisme et la pensée hégélienne. Après une introduction qui esquisse le contexte historique de la redécouverte du scepticisme en Allemagne à l’époque de l’idéalisme, Biscuso expose dans un premier chapitre la présence du scepticisme dans la formation de la dialectique hégélienne, de la période de jeunesse jusqu’aux premiers écrits d’Iéna. La lecture hégélienne associe déjà à Francfort scepticisme et platonisme, et ces deux philosophies constituent dans les premières années d’Iéna une forme d’introduction négative à la philosophie. Le scepticisme donne une impulsion décisive au changement du système hégélien en direction d’un holisme sans fondation, dynamique qui marque la fin de la période d’Iéna et la Phénoménologie de l’Esprit. Dans le premier grand ouvrage hégélien, le scepticisme est le sujet du deuxième chapitre: il n’est pas seulement une figure historique mais une « configuration », un facteur général qui détermine à chaque niveau le développement de la conscience. Dans la phase qui suit la Phénoménologie, objet du troisième chapitre, on pourrait avoir l’impression que le scepticisme devient moins important. Au contraire, le scepticisme est inclus au sein même de la démarche logique mais, selon Biscuso, son rôle d’introduction est encore reconnaissable dans le traitement du Schein dans la Logique et dans le Vorbegriff de l’Encyclopédie. L’examen de la situation historique du scepticisme permet de saisir sa valeur non seulement théorique mais aussi éthique et politique dans la crise de la civilisation romaine en ce qu’elle a d’analogue à la chute de l’Ancien régime au XVIIIe siècle. Enfin, dans le dernier chapitre, Biscuso expose l’interprétation historique du scepticisme dans les Leçons sur l’histoire de la philosophie et le rôle qu’y joue Sextus Empiricus, qui est d’ailleurs une source très utilisée par Hegel dans son exposé du scepticisme. Deux appendices concluent le livre: le premier présente la lecture hégélienne du Parménide de Platon à partir de l’ensemble de son œuvre; dans le second, Biscuso donne une traduction de la partie consacrée au scepticisme ancien du cours de 1825-1826 sur l’histoire de la philosophie.
Pierluigi Valenza, Université La Sapienza, Rome
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