La collection des études kierkegaardiennes, dirigée par Hermann Deuser et aidée par le fonds national danois pour la recherche, et par le centre de recherche Sören Kierkegaard de l’Université de Copenhague, nous offre avec cet ouvrage sur le scepticisme le douzième de sa série de monographies. Il porte sur l’autoconsomption du scepticisme chez Hegel et chez Kierkegaard, tous les deux unis par la relation qu’ils établissent entre la pensée philosophique et le christianisme. Chez Hegel la foi doit devenir savoir, mais le scepticisme est une étape nécessaire du triomphe de la raison; chez Kierkegaard la philosophie se fait littérature pour endosser et purifier le scepticisme. L’auteur rappelle utilement que la Phénoménologie de l’esprit est le « scepticisme s’accomplissant ». L’étude est redevable aux travaux de Bernhard Lypp sur le rapport de l’esthétique et de l’idéalisme allemand (en particulier sur le concept d’ironie), et de Jon Stewart, qui a étudié de façon approfondie la dette de Kierkegaard à l’égard de Hegel (concepts de répétition, d’ironie, de désespoir). Après avoir fait le point sur le scepticisme selon Hegel, dans l’article de ce nom et dans la PhE, l’auteur s’étend de façon originale sur Kierkegaard (le néant, le doute, le combat du Logos); il consacre un chapitre particulier à l’humour chez Jean-Paul. Cet ouvrage montre la dette de Kierkegaard à l’égard de Hegel, et intéressera tous ceux qui cherchent à connaître mieux le rapport de Hegel au romantisme et à Kierkegaard, considéré comme philosophe à part entière.
Jean-Louis Vieillard-Baron, Université de Poitiers
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