L’ouvrage de P. Coda est un exposé consacré au concept de forme, développé en partie dans la Phénoménologie de l’Esprit et en partie dans les Leçons sur la philosophie de la religion de Hegel. De manière générale, le but du texte consiste à rendre compte de la notion hégélienne de forme et de son rapport avec l’essence afin d’étayer une interprétation de la Phénoménologie comme christologie. Coda analyse l’idée de forme, qui coïncide avec l’idée du concept (interprétée comme conceptus), c’est-à-dire comme forme active qui conduit l’essence à exister. Il décrit aussi la dérivation du concept hégélien à partir du Logos (Jean 1,3 et 1,14), du Verbe comme parole créatrice et, pour cette raison, il considère la Forme-Christ, le Logos, comme à l’origine du concept, de la détermination de l’être et de la pensée. C’est dans la religion chrétienne, dans l’incarnation du Christ, que se produit la perception (Wahrnemung) de la forme, la perception de la révélation (Offenbarung). Les conditions de la possibilité du concept de la Menschwerdung Gottes et de sa révélation sont déjà décrites dans la Phénoménologie, et plus précisément dans le rôle décisif que joue la subjectivité dans l’incarnation en tant qu’autoconscience de Dieu dans le Christ. C’est à ce moment-là qu’on comprend l’historicité propre de la révélation chrétienne et, en même temps, la singularité de l’événement Christ. Le rôle du Christ devient constitutif dans le moment où Il est historiquement l’autoconscience même de l’identité entre humain et divin. Il est même le passage nécessaire pour la compréhension anthropologique de cet événement par la conscience historique (88). Ce livre offre aussi au lecteur une compréhension de la mort du Christ qui, pour Hegel, se fonde sur la signification de cet événement pour la conscience historique. Le livre propose enfin une critique de Hegel, et surtout de son interprétation de la Trinité. L’exégèse hégélienne de la révélation christologique est fondée sur une fausse interprétation de la Trinité comme forme et contenu de la Révélation. Hegel a des difficultés à penser la différence entre le Père et le Fils, et surtout la différence universelle entre le Père, le Fils et le Saint Esprit. Pour Coda, dans la dialectique entre le Père et le Fils, l’Essence et la Forme, il reste une différence très importante, parce que cette différence seulement ouvre l’histoire de l’homme à la compréhension réelle de la kénose du Christ.

Claudia Melica (Université de Trente)

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