J.-L. Vieillard-Baron a ajouté à différents textes déjà publiés quelques écrits inédits sur les Principes de la philosophie du droit. Outre une reprise de l’essentiel des éléments qui constituaient l’introduction à sa traduction française du texte de 1821 (Paris, GF, 1999), on trouvera un chapitre qui s’attache à établir l’origine schellingienne du thème du droit comme « seconde nature » et de l’expression « philosophie du droit ». D’autres études – sur la Wirklichkeit, l’autorité, la propriété du corps, le rôle des conflits, l’État et la religion, la guerre et la paix – invitent à relire l’ensemble de l’ouvrage de Hegel en fonction de ces différents thèmes. Il en ressort que la conception « organique » de l’État, qui n’a rien d’« étatiste », relève d’« un droit philosophique » plus que d’une « philosophie du droit » (p. 112) et qu’elle vise à expliciter la rationalité immanente à l’Idée de l’État, et non à nous proposer une description empirique ou une utopie morale. L’auteur, rappelant les limites de l’Esprit objectif, peut ainsi souligner que, selon lui, la pensée hégélienne de la politique et le « pessimisme » (p. 44) qui la caractérisent ne prennent sens que par rapport à une conception proprement « eschatologique » de la philosophie, en laquelle se pense la tragédie éternelle de l’Absolu qu’est l’histoire du Christ.

Jean-Michel Buée (Université de Grenoble II)

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