Ce « Manuel » dédié à la présentation systématique des grands problèmes de l’idéalisme allemand constitue une innovation sans précédent dans l’univers des études de la pensée germanique. Traditionnellement, les grandes synthèses sur l’idéalisme allemand (Hartmann, Kroner, Cassirer, Bourgeois, Beiser, Pinkard…) étaient l’œuvre d’un interprète isolé qui proposait une perspective forcément idiosyncrasique sur cette séquence décisive de l’histoire de la philosophie. En s’entourant d’une équipe composée des meilleurs spécialistes européens de l’idéalisme allemand (Duque, Kervégan, Pätzold, Rosen, etc.), Hans Jörg Sandkühler, le maître d’œuvre de cet ambitieux projet, s’est efforcé avec bonheur de conjurer le risque de l’unilatéralisme philosophique. L’ouvrage se compose d’une douzaine d’entrées thématiques couvrant les grandes questions (savoir, nature, droit, histoire, religion, art…) qui ont été au cœur de la pensée allemande de Kant jusqu’au dernier Schelling, selon un ordre relativement fidèle à l’architectonique des systèmes hégélien et schellingien. Les deux derniers chapitres sont l’occasion de proposer des aperçus fort utiles sur le premier romantisme allemand ainsi que sur la réception du postkantisme en Europe. Tant par sa qualité éditoriale que par l’ampleur et la diversité des questions qui y sont abordées, cet ouvrage à bien des égards remarquable constitue désormais un repère incontournable des études sur l’idéalisme allemand.
Olivier Tinland (Université de Montpellier III)
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