L’infini constitue un thème stratégique du hégélianisme et permet de discerner ce qui, en lui, est original ou au contraire fidèle à la tradition. Hegel fait-il de l’infini un point de départ ou un point d’arrivée ? Quel sens et quelle place accorde-t-il à la finitude ? Faut-il considérer que l’infini résulte de l’infinitisation de la finitude ou, à l’inverse, se produit-il de lui-même et sans être conditionné par la finitude ? Y a-t-il par ailleurs une « finitisation » de l’infini ? Y a-t-il enfin plusieurs infinis ou l’infini est-il toujours « le même » ? Le présent ouvrage rassemble les contributions d’un congrès de la Hegel-Vereinigung, sous la direction de Francesca Menegoni et Luca Illeterrati. Il examine la relation fini-infini sous différents jours : ceux de la mathématique, de la logique et de la métaphysique, mais aussi ses aspects éthiques et théologiques, avant d’inscrire la conception de Hegel dans un débat avec ses devanciers lointains et ses successeurs. R. Bubner analyse la position hégélienne à partir des débats sur le spinozisme à la fin du xviiie siècle, tandis que Kl. Düsing et A. Moretto proposent une comparaison des conceptions kantiennes et hégéliennes de l’infini. Puis W. Jaeschke, R.P. Horstmann et R. Pippin considèrent la conception hégélienne de la subjectivité comme rapport à soi-même et activité infinie. J.-M Lardic et L. Siep examinent ensuite la question de l’infini dans l’esprit objectif. Enfin le théologien W. Pannenberg resitue l’investigation hégélienne dans l’histoire de la théologie de la Trinité, tandis qu’A. Peperzak esquisse une comparaison entre Hegel et Lévinas. L’ouvrage se signale dans l’ensemble par la clarté des exposés. On recommandera notamment l’article de R. Pippin, qui constitue d’une certaine manière une introduction à sa propre interprétation d’ensemble du hégélianisme.

Gilles Marmasse (Université de Paris IV)

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