Résultat de l’articulation d’une étude rigoureuse de la Phénoménologie de l’esprit et de considérations tirées des récentes recherches à propos du langage, l’ouvrage de Leonardo Alves Vieira a comme fil conducteur l’analyse des discours formulés par la conscience devant ses expériences. Traitant du rapport existant entre le développement de la conscience et l’utilisation du langage, l’auteur, sans mettre la question du langage au centre de la philosophie hégélienne, cherche à réfléchir sur le pouvoir du discours comme critère suprême de légitimation de la vérité.
L’auteur se livre à une étude détaillée du rôle du langage dans le développement de la conscience à partir de la philosophie hégélienne et s’appuie d’abord sur une reconstruction du chemin parcouru par la conscience empirique formelle vers la conscience absolue dans les deux « philosophies de l’esprit » d’Iéna, celle de 1803/04 et celle de 1805/06. Il cherche ensuite à établir une liaison entre ces premières formulations et les expériences de la conscience naturelle contenues dans la section (A) Conscience de la Phénoménologie de l’esprit. L’auteur soutient alors la thèse d’une utilisation spécifique du langage par la conscience naturelle afin de sauver sa prétention à la vérité et constate les déficiences présentes dans chaque discours, causées par ses propres expériences, permettant ainsi d’avancer vers la prochaine étape de son développement. L’ouvrage se termine sur une courte réflexion à propos du savoir absolu et, tout en reconnaissant les limitations de son travail en ce qui concerne la Phénoménologie de l’esprit (la section « Conscience ») et la complexité du sujet, Vieira semble questionner la définition du savoir absolu comme la capacité du discours de dire toute la vérité de l’être.
Dialoguant avec des auteurs comme Wilber, Mccumber, Simon, Bonsiepen, Plotino et Shamkara, ce travail réalise, dans le cadre défini par l’auteur lui-même, une analyse minutieuse du rôle du discours et met en évidence ses limites. Ainsi, appuyé sur la philosophie hégélienne, il offre des arguments au débat contemporain autour de la problématique du discours et du langage et témoigne de l’actualité de cette pensée.
Mariana d'Acri Soares (Université de Paris I)
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