C’était jusqu’à présent les additions rassemblées par Von Henning qui donnaient un aperçu du contenu des cours que Hegel a professés, pendant treize ans, sur la logique encyclopédique. Ces Leçons sur la logique, qui sont la retranscription des notes du fils de Hegel, Karl, prises pendant l’année 1831, remplissent une fonction semblable, avec l’avantage de ne pas résulter d’un choix de publication. Le manuscrit est complet, le commentaire parcourant toute la logique, du § 19 au § 244 de l’Encyclopédie. L’ensemble est hétérogène : parfois Hegel se contente de répéter ou de paraphraser l’Encyclopédie, mais on trouve surtout, en de très nombreux endroits, des raisonnements et des précisions qui ne sont présents ni dans les paragraphes ni dans les remarques ni dans les additions. Ainsi, le développement sur la vérité (§ 25), qui passe de son sens subjectif à son sens objectif par la médiation du concept d’« action véritable », est absent de l’Encyclopédie ; de même le commentaire sur la position kantienne relativement à l’objectivité est complété. Il subsiste toujours, presque à chaque page, au moins une nouvelle affirmation surprenante, susceptible d’enrichir l’interprétation. Là où Hegel se contentait, par exemple, de parler de l’importance du doute (§ 78), il ajoute dans le cours de 1831 : « il faut commencer par le doute ou, à proprement parler, par le désespoir ». Nous disposons donc à présent d’une version brève et très utile de la logique hégélienne.

Gauthier Tumpich (Université de Paris I)

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