Ce volume inaugure la deuxième section des Gesammelte Werke (GW) dédiée aux Vorlesungen. Ce n’est peut-être pas un hasard si la nouvelle section commence par le volume qui a pour thème la philosophie de l’esprit subjectif, habituellement délaissée par la recherche hégélienne. Rappelons simplement qu’après la publication en 1845 par Boumann des fameux Zusätze dans la troisième section de l’Encyclopédie des sciences philosophiques, il a fallu attendre 1961 pour que des sources commencent à être publiées. (cf. F. Nicolin, « Hegel-Studien », Bd. 1, p. 9-48 et, ensuite, GW 15, p. 207-249).
Si les « Hegel-Studien » et les GW se sont occupés des fragments de manuscrits de Hegel, ce volume nous offre aujourd’hui l’édition critique complète de toutes les sources indirectes disponibles. Cette première partie du volume présente en premier lieu le Nachschrift partiellement inédit de Heinrich Gustav Hotho relatif aux leçons du semestre d’été 1822 (p. 1-144) ; en deuxième lieu, le Nachschrift de Karl A. J. von Griesheim des leçons du semestre d’été 1825 (p. 145-544). La plus grande étendue des leçons de 1825 est en partie due à l’importance des annexes qui rapportent également toutes les variantes des autres sources relatives au même cours, c’est-à-dire les notes de Friedrich C. H. V. von Kehler (partiellement publiées dans Philosophie des subjektiven Geistes, édité par M. J. Petry, 1978), et celles inédites de Moritz Pinder.
Les deux cours publiés consistent en un commentaire et une intégration de la première édition (1817) de l’Encyclopédie des sciences philosophiques. Ceux-ci se réfèrent en particulier à l’Introduction générale à l’ensemble de la philosophie de l’esprit et aux sections « A. Âme » (Anthropologie), « B. Conscience » (Phénoménologie) et « C. L’esprit » (Psychologie). Dans les deux cours, on peut remarquer l’étendue du traitement hégélien de l’Anthropologie, qui occupe à elle seule plus de la moitié du contenu des leçons.
La deuxième partie du volume contiendra, outre l’Editorischer Bericht et les notes du volume entier, l’édition critique des matériaux suivants : le Nachschrift inédit Stolzenberg de 1827-1828 (cf. J. Huggler, in « Hegel-Studien », Bd. 36, 2001, p. 37-41), accompagné des variantes du même cours que présentent les Nachschriften Erdmann et Walter (déjà publiés par Hespe et Tuschling dans le volume 13 des Vorlesungen. Ausgewählte Nachschriften, 1997) et enfin les Zusätze historiques élaborés par Ludwig Boumann.
C’est seulement après la conclusion du volume qu’il sera possible de procéder à une évaluation générale de l’ouvrage, qui, au-delà de l’intérêt exceptionnel des leçons hégéliennes sur ces sujets, s’avère d’ores et déjà être un précieux instrument de recherche, du fait des matériaux inédits publiés et de l’utilité des apparats critiques.
P. GIUSPOLI (Università degli Studi di Verona)
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