En s’appuyant sur des sources textuelles renouvelées depuis peu et sur les résultats récents de la recherche relative à l’esthétique hégélienne, l’ouvrage examine le rôle joué par Hegel et les hégéliens dans la naissance de l’histoire de l’art. La détermination philosophique de l’art proposée par Hegel a en effet été prolongée par ses disciples en une approche monodisciplinaire, qui ne perd jamais de vue la question de savoir si elle est susceptible d’être fondée universellement d’un point de vue esthétique, et ceci, en particulier, au regard de la fonction culturelle de l’art. Les contributions, qui sont publiées pour la première fois dans ce volume, sont issues entre autres d’un colloque de l’université de Hagen. E. Weisser-Lohman met en débat la politique culturelle de l’État hégélien, dans laquelle l’art, comme composante de la Bildung, est une présupposition de la vie éthique. À partir du rapport entre la Phénoménologie et l’édition de 1817 de l’Encyclopédie, Jean-Louis Vieillard-Baron examine l’intrication de l’art, de la religion et de l’histoire. E. Rozsa met en question les possibilités et les limites du concept de réconciliation dans le contexte de l’art romantique et de l’État moderne, ainsi que le rôle de l’art à l’intérieur de la société bourgeoise. Se tournant vers des problématiques voisines, S. Radnoti prend pour objet l’influence de Winckelmann sur le refus de l’imitation de la nature chez Schelling, et I. Siebert considère la position de J. Burckhardt en matière d’historiographie de l’art comme alternative à l’histoire spéculative de l’art telle qu’elle est esquissée par Hegel et Hotho – une histoire qui, quant à elle, est examinée de la manière la plus précise par Bernadette Collenberg-Plotnikov. Dans ce même cadre, F. Ianelli fournit l’édition critique de trois lettres échangées par Hotho, Vischer et Kuno Fischer, et analyse le rôle du « laid » dans l’esthétique hégélienne. En s’appuyant sur les théories de l’idéal dans la sculpture, L. de Vos présente la thèse selon laquelle l’édition de Hotho de l’esthétique hégélienne reste, face à une démarche spéculative de Hegel qui ne visait pas un ordonnancement historique des différents arts, une simple schématisation tripartite. Enfin A.P. Olivier suit la réception de la thématique de Don Juan chez Hegel, Hotho et Kierkegaard et C. Melica examine l’importance de l’amour dans la théorie hégélienne de l’art romantique, principalement dans les exposés sur l’amour du Christ et la Vierge Marie. Le volume contient d’autres articles instructifs et éclaire des aspects esthétiques aussi bien de Hegel que de ses disciples de manière riche et diversifiée.
Niklas Hebing (Archiv-Hegel Bochum) (trad. G.M.)
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