Ce livre propose une lecture de Duns Scot en termes de logique paraconsistante, c’est-à-dire alternative à une logique classique centrée sur le principe de non-contradiction.
Un premier chapitre propose une approche générale des « contradictions vraies » faisant le point sur l’opposition des deux types de logique. Le second, partant des divergences entre l’ontologie scotiste et celle d’Aristote, voit en la première une métaphysique de la contingence appuyée sur un volontarisme et conduisant à penser la relation comme une chose. Ockham et Auriol auraient ensuite tenté de dépasser le formalisme de Duns Scot. Un troisième chapitre entend montrer chez Scot une lente érosion de l’adhésion à la logique classique. Il part du problème de la compatibilité entre liberté de la volonté et prescience divine tel qu’il est formulé dans l’Ordinatio avant d’en venir aux commentaires de la logique. Il y relève divers arguments scotistes comme celui du Menteur en particulier, avant d’en venir à l’ontologie des mondes possibles. Sur ce dernier point il situe Scot dans la lignée d’une stratégie hébraïque allant d’ibn Gabirol au Zohar. Enfin un dernier chapitre va chercher chez Scot des raisons morales en faveur du choix d’une logique paraconsistante. Bien qu’il semble très bien documenté, du moins à qui n’est pas spécialiste de logique, ce livre de Luca Parisoli, plus audacieux encore que les précédents, est sans doute aussi plus discutable.
Christian Trottmann